Et si vous n'aviez rien à justifier?
- Audrey Lessard

- il y a 7 jours
- 4 min de lecture
Ce texte s’adresse à vous si vous avez déjà hésité à parler de votre différence en entrevue.
TDAH, hypersensibilité, douance, anxiété, introversion, vécu atypique, peu importe le nom qu’on y met, la question revient souvent:

“Est-ce que je le dis ou est-ce que je me tais?”
J’écoutais un épisode du podcast Diary of a CEO, animé par Steven Bartlett et à un moment, son invitée Emma Grede, cofondatrice de Good American et partenaire dans Skims a dit une phrase que je n’ai pas pu oublier.
“Je ne me suis jamais demandé si je devais justifier ma différence. Je l’ai toujours vue comme un levier.”
Elle parlait de son parcours en tant que Femme. Noire. Britannique. Propulsée dans l’univers souvent très blanc et masculin des affaires internationales. Et pourtant, jamais elle ne s’est demandé si c’était un frein, parce qu’elle n’a jamais accepté de porter ce regard sur elle-même.
Et là, dans la voiture, j’ai eu un flash. Et si c’était ça, le point de bascule?
Combien de fois on entre en entrevue avec ce poids sur les épaules:
“Je vais devoir expliquer pourquoi j’ai changé de domaine.”
“Je dois clarifier mon profil atypique.”
“Je veux nommer mon TDAH, mais sans que ça me ferme des portes.”
Et si, justement, le vrai stress ne venait pas de qui on est, mais du fait qu’on se croit obligé de s’expliquer?
L’étude qui m’a frappée
Dans ce même épisode, ils mentionnent une étude menée auprès de groupes minoritaires.
Avant un test, on demandait à certains participants de répondre à une question sur leur identité: leur genre, leur origine, leur couleur de peau.
Résultat?
Ceux à qui on avait rappelé leur “différence” juste avant le test, ont systématiquement moins bien performé.
Pourquoi?
Parce que cette simple évocation activait une tension intérieure, un doute supplémentaire. Et dans un processus aussi chargé qu’une entrevue, ça change tout.
Vous n'avez rien à justifier
Et c’est ça que j’ai envie de vous dire aujourd’hui. Vous n'avez rien à justifier, ni votre trajectoire, ni votre fonctionnement, ni tout ce qui fait de vous une personne unique, vivante.
Vous pouvez, si tu le voulez, nommer ce qui vous habite. Mais pas pour vous faire pardonner, pas non plus pour minimiser les impacts, ni pour éviter les jugements.
Vous pouvez le nommer parce que c’est vous et parce que VOUS choisissez de le faire depuis un endroit d’alignement.
Nommer ne veut pas dire se justifier
Quand je dis “vous n'avez rien à justifier”, je ne veux pas dire que vous n’aurez jamais à répondre.
Oui, peut-être qu’on vous posera une question sur cette pause dans votre CV, peut-être aussi qu’on soulignera votre parcours en zigzag ou votre style de communication différent.
Oui, peut-être qu’un recruteur demandera: “Pouvez-vous m’expliquer ce changement de direction?”
Mais ici, il y a une différence fondamentale.
Vous pouvez répondre avec clarté, expliquer avec alignement.
Ce qui change tout? Pas le contenu. L'état d'où il vient. "Voici où j'en suis, voilà ce que j'apporte." C'est ça, la différence.
La vraie préparation n’est pas toujours dans les mots
Elle est dans la posture que vous choisissez, dans votre respiration, le ton de votre voix, dans l’histoire que vous vous racontez avant même d’entrer dans la salle.
On ne vous évalue pas seulement sur ce que vous dites, mais sur ce que vous dégagez. Et ce que vous dégagez vient directement de votre niveau de confort avec vous-mêmes.
En entrevue
Vous avez une histoire à partager, des talents à nommer, ça oui bien sûr. Et vous avez le droit de choisir les mots qui vous respectent. Vous pouvez répondre sans vous rabaisser. Vous pouvez expliquer sans vous excuser. Je pense que la différence est importante.
Vous pouvez être transparent(e), sans sacrifier votre dignité.
Revenir à soi, même sous pression
Dans de nombreux parcours, on apprend, parfois très tôt, à anticiper ce qu’on attend de nous.
À bien paraître, bien performer. Aussi à répondre “comme il faut”.
Peut-être que vous aussi, vous avez appris à décoder les attentes avant même qu’elles soient formulées. À ajuster votre discours, votre ton, votre langage non verbal.
À jouer un rôle pour rester “employable”.
Mais aujourd’hui, je vous propose autre chose. Je propose de revenir vers vous.
De ne plus vous définir par ce que les autres veulent entendre, mais par ce que vous, vous choisissez de montrer.
Surtout, vous pouvez apprendre à répondre avec votre corps entier, pas juste avec des mots.
À garder en tête avant une entrevue:
Est-ce que je peux répondre à cette question sans glisser vers l’auto-justification?
Est-ce que ma réponse vient de la peur d’être rejeté(e) ou du désir d’être aligné(e)?
Qu’est-ce que je veux qu’ils retiennent de moi, après cette entrevue?
Et maintenant?
Respirez et entrez dans cette entrevue non pas pour “convaincre”, mais pour incarner ce que vous avez de plus solide, de plus vrai, de plus vivant.
Parce que vous n'avez rien à justifier, vous avez juste à choisir comment vous voulez VOUS raconter.
Et si vous voulez aller plus loin ?
Si vous sentez que cette posture, vous voulez la pratiquer, pas juste la comprendre, j'ai deux ressources pour vous.
Mes services d'accompagnement pour celles et ceux qui veulent travailler ça en profondeur, avec un regard extérieur bienveillant.
Et un outil gratuit de préparation d'entrevue basé sur l'IA, directement sur mon site, pour commencer à vous entraîner à répondre depuis l'alignement, pas depuis la peur.
Parce que la posture, ça se pratique.





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