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On n'est pas parfait!



Audrey Lessard captée sur le vif pendant une séance photo, grimace spontanée illustrant l’imperfection humaine et l’authenticité.
Pas parfaite et tant mieux!!

Et c'est parfait comme ça!!

Pas un de nous ne peut prédire avec certitude à quoi va ressembler le marché de l'emploi du futur.

Et quand je parle du futur, je ne parle pas dans dix ou quinze ans. Je parle de la prochaine année. Possiblement des cinq prochaines, tout au plus.

Des voix comme Simon Sinek et Mel Robbins à l'international, mais aussi plusieurs experts et économistes d'ici au Québec, soulignent une même réalité: la place de l'humain va devenir encore plus centrale, c'est aussi ce que je crois profondément.


Ils viennent de milieux complètement différents. Ils n'ont pas les mêmes parcours, ni les mêmes réalités.

Et pourtant, un point revient constamment dans leurs discours.

Une inquiétude qui semble partagée, oui, mais ça semble être aussi une conviction.


Quelle sera la place de l'humain dans un monde où l'intelligence artificielle et la robotique prennent de plus en plus d'espace?


Ce qui veut dire que ce qui nous distingue vraiment, notre présence, notre capacité à connecter, à ressentir, à comprendre, à nous adapter, va prendre encore plus de valeur.


Raison de plus pour développer ce qui nous sépare d'une machine.

Nos soft skills, ces compétences humaines qui nous dissocient d'une courgette. 😉

Notre conscience de nous-mêmes, notre posture, notre capacité à être profondément humains.

On parle souvent de performance.

Mais on parle moins souvent de ce qui se passe quand on arrête d'essayer d'être parfait.

Parce qu'à force de vouloir être irréprochables, à donner les bonnes réponses, à bien nous préparer, à démontrer ce dont on est capables, alors on oublie parfois quelque chose d'essentiel:

Ce n'est pas la perfection qui crée la connexion.


Et tout ça est important selon moi.

Mais il y a quelque chose de profondément humain qui se produit quand, au milieu de cette ''prestation'' de performance, un moment imparfait s'invite.


Et parfois, c'est exactement là que la vraie connexion commence.


L'imperfection qui s'invite


Je me souviens d'une entrevue marquante que j'ai passée pour un poste de direction.

Une grosse entrevue.

Le genre pour lequel tu te prépares mentalement longtemps d'avance.

Quand je suis arrivée, j'étais prête, très prête.

J'avais également travaillé mon mindset. Chanté à tue-tête dans mon auto en me rendant là-bas ;) Je voulais démontrer clairement de quoi j'étais capable. J'étais dans une posture très axée sur la performance et probablement un peu sur la perfection aussi.

Le début se passait bien. Je donnais de bonnes réponses, j'étais structurée, en confiance.

Mais avec le recul, je me souviens que la connexion n'était pas encore complètement là. Pas que c'était froid, ni tendu, mais je ne dirais pas que c'était naturel non plus.


Puis quelque chose d'inattendu s'est produit.

On était dans une salle louée dans un hôtel pour les entrevues. Une salle de conférence, avec une petite fenêtre à côté de la porte.

À un moment donné, dans mon angle mort, je commence à sentir une présence. Quelqu'un est là, derrière la fenêtre, et essaie clairement d'attirer mon attention.

Je fais tout pour l'ignorer.

Dans ma tête, c'était: '' Reste concentrée, ne te laisse pas distraire. Continue comme si de rien n'était. ''

Je ne voulais surtout pas paraître déconcentrée. J'étais encore en mode performance.


Mais la personne insistait, des petits gestes, des signes, un mouvement. Puis de moins en moins subtile.

À un moment donné, je n'ai plus été capable de faire semblant de ne pas la voir.


Et j'ai éclaté de rire.


Un vrai rire franc. Impossible à retenir.


Les intervieweurs, mes futurs patrons et collègues, se regardent. Ils me demandent: '' Qu'est-ce qui se passe? ''

Je m'excuse, encore en riant, et je leur dis simplement: '' Je suis vraiment désolée, mais il y a quelqu'un à la fenêtre qui essaie désespérément d'attirer mon attention et je ne sais pas du tout ce qu'elle veut. ''

Et là, tout a changé.

La dynamique a changé d'un coup.

On a tous regardé vers la porte. La personne était complètement confuse. Elle pensait être en retard à une réunion et croyait avoir trouvé la bonne salle.


C'était un moment complètement imparfait, juste assez loufoque d'imprévisibilité.

Mais après ça, l'ambiance n'était plus la même.

Je n'étais plus en train de performer, non, j'étais en train d'échanger.

Eux aussi, d'ailleurs.

On était sortis, ensemble, du cadre très rigide de l'entrevue.

Et la connexion est devenue beaucoup plus naturelle, beaucoup plus humaine.

Avec le recul, je me dis souvent que ce petit moment-là a fait une grande différence.

Ce n'était pas parfait. C'était vrai.


Et parfois, c'est exactement ce qui crée l'espace pour que la confiance s'installe.


Pratfall Effect


En psychologie sociale, il existe un concept qu'on appelle le pratfall effect.

Il démontre quelque chose d'assez fascinant: Une personne compétente qui fait une petite erreur devient souvent plus attachante et plus digne de confiance.

Pourquoi?

Parce que la compétence inspire le respect, mais l'humanité crée la connexion.


Et quand les deux se rencontrent, la confiance s'installe.


Mais attention


Si quelqu’un tente de paraître compétent sans vraiment l’être, ça se sent.

Quand on joue un rôle ou quand on essaie de convaincre au lieu d’être vrai, alors là, La moindre maladresse ne rapproche pas. Bien au contraire, elle crée de la distance. Je crois que Sylvain Boudreau, qui est un conférencier connu au Québec, pour son approche du moi inc. parle d'être sympathique et professionnel (très important selon lui d'être professionnel aussi, parce que comme il le dit si bien, sympathique et gnochon, ça marche pas)


Parce qu'au fond, on ne connecte pas avec la perfection. C'est plate la perfection, ça pas de goût.


Si tu es solide dans ce que tu sais faire, si tu parles en connaissance de cause, si tu expliques simplement pourquoi tu es compétent, tu n'as pas besoin d'être impeccable.

Tu peux être humain. Tu peux être toi.


Et c'est là que quelque chose de beau se passe.


Ça me fait penser aussi à un moment du premier TEDx de Mel Robbins, ça date de 2012 je crois.

Elle était sur scène, en train de parler à son public et dans son désir de connecter, elle est descendue pour aller à leur rencontre. Mais quand est venu le temps de remonter sur la scène, elle a eu toute la misère du monde. Un moment un peu maladroit, très humain. Je me souviens l'avoir regardée en me disant: '' Ça aurait tellement été mon genre de descendre parler aux gens, puis de me retrouver à essayer de remonter un peu tout croche, avec les pattes dans les airs. ''

Et c'est justement ça, au fond.

Quand la compétence est là, ces moments vrais, ne brisent pas la crédibilité. Ils la rendent humaine et la connexion encore plus forte.



Dans une équipe, ça change tout


Imagine un leader qui:

  • admet qu'il s'est trompé

  • cherche ses mots parfois

  • reformule une idée, en direct, sans se pratiquer

  • rit d'un lapsus


Même si parfois on pourrait craindre une perte de crédibilité, j'ai souvent tombé dans le piège, ça m'arrive encore d'ailleurs, mais c'est pourtant un signal de sécurité, de confiance mutuelle.

Ça dit à l'équipe: '' Je suis compétent ET je me permets d'être vrai avec vous ''

C'est souvent à ce moment-là que la confiance grandit encore plus.


Mon petit côté awkward


J'ai longtemps vu mon côté maladroit comme quelque chose à corriger.

Je m'emmêle dans mes mots.

Je rentre dans les cadres de porte, probablement une fois par jour.


Mon petit côté givré, comme je l'appelle.


Avant, je me demandais si ça nuisait à ma crédibilité. Aujourd'hui, je le vois autrement.

Et plus j'avance, plus je l'assume, plus je l'aime.


Alors le reste, fait partie de moi, c'est tout.


Et si on changeait de cible?


Et si, au lieu de chercher à être irréprochables, de chercher à se rapprocher des machines, on se donnait simplement le droit d'être humains?

On s'impose souvent beaucoup de pression, je parle pour moi en fait, je confirme que j'ai encore tendance à m'autoimposer de fortes exigences. Dire les bons mots, ne pas hésiter, ne pas se tromper et tout maîtriser.

Mais quand on sait de quoi on parle, quand la compétence est là, cette pression devient inutilement lourde.

Se donner le droit de chercher un mot, puis de se reprendre. De rire d'un moment de maladresse, ou on s'est ''planté''.


C'est libérateur, ça nous permet de respirer.


Et quand on respire, on est souvent plus vrai, plus présent.


Cette année, j'ai envie de revenir à quelque chose de très simple qui m'a toujours guidée:

Have fun.

Pas dans le sens de prendre les choses à la légère. Mais dans le sens de me rappeler que je sais ce que je fais et que j'ai le droit d'être pleinement moi en le faisant.



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