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Non, la neurodivergence n'est pas une mode

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Cet épisode prolonge le texte en conversation: ce que l'accusation de '' mode '' fait vraiment vivre aux professionnels neurodivergents et pourquoi votre réalité, elle, ne suit pas les tendances. Écoutez-le en marchant, en cuisinant!



Étiquette d'entretien parodique indiquant '' Neurodivergence, 100 % réelle, ne se démode pas ''


Je vous le garantis: si la neurodivergence était une mode, on serait pas mal plus populaires que ça.


Une mode, c'est séduisant. Ça vient avec de la publicité positive, des portes qui s'ouvrent, un capital social. La neurodivergence, elle, vient avec des diagnostics qui arrivent parfois dix, vingt ans trop tard, des accommodements qu'il faut négocier, des regards qui changent quand vous prononcez le mot. Ce n'est pas une '' trend '' sexy. Mais peu importe ce qu'on en dit sur les réseaux sociaux, ça ne change pas notre réalité.


Aujourd'hui, je veux décoder ce que cette phrase, '' c'est rendu une mode '' fait vraiment vivre aux personnes concernées. Parce qu'on en parle rarement selon moi.


Ce que la phrase dit vraiment


Quand quelqu'un affirme que la neurodivergence est une mode, écoutez bien: il ne parle pas de vous. Il parle de son propre inconfort devant quelque chose qui devient soudainement visible.


'' Il y en a bien trop, maintenant '' veut presque toujours dire '' avant, on ne les voyait pas ''. Les personnes neurodivergentes ont toujours existé.


Ce qui a changé, c'est l'accès: aux connaissances, aux outils d'évaluation, aux mots pour se comprendre. Par exemple, les femmes qui reçoivent un diagnostic à 35, 40, 45 ans n'ont pas ''attrapé'' une tendance. Elles ont enfin obtenu une lecture juste d'elles-mêmes, après des décennies à se demander pourquoi tout leur demandait plus d'énergie qu'aux autres: pourtant pour les mêmes réunions, les mêmes journées, les mêmes conversations, mais épuisantes.


Ce que l'accusation fait vivre


Parce que soyons honnêtes: dire que la neurodivergence est une mode, c'est accuser, volontairement ou non, des gens d'inventer ce qu'ils vivent. Personne ne le formule comme ça. Mais c'est ce qui est reçu. Et voici ce que ça produit chez les professionnels que j'accompagne.


Vous vous justifiez avant même de vous présenter. Vous préparez vos preuves comme si votre fonctionnement était une thèse à défendre. Je pars du principe que personne ne demande à un myope de démontrer qu'il voit flou.


Vous doutez de votre propre diagnostic. Surtout s'il est arrivé tard. '' Peut-être que j'exagère. Peut-être que je me suis reconnue dans une vidéo et que je me suis fait des idées. '' Un professionnel de la santé, neuropsy par exemple, a passé des heures à vous évaluer, mais un commentaire Facebook réussit à ébranler ça. Et si vous n'avez pas de diagnostic formel, parce que l'évaluation coûte des milliers de dollars ou que les listes d'attente s'étirent sur des années, ce discours frappe encore plus fort: vous en venez à croire que vous n'avez même pas le droit d'en parler.


Vous minimisez vos besoins. Demander un accommodement devient risqué: et si on pensait que vous '' surfez sur la vague ''? Alors vous compensez en silence et ça vous coûte une énergie que vos collègues n'ont même pas à dépenser.


Vous recommencez à masquer. Après des années à apprendre à fonctionner avec votre cerveau plutôt que contre lui, vous remettez le costume. Parce que c'est plus simple que d'être soupçonné d'opportunisme.


C'est ça, le vrai coût du discours de la '' mode ''. Pas un débat d'opinion. De l'énergie détournée, chaque jour, chez des gens brillants qui en auraient besoin ailleurs.


La réalité, elle, ne suit pas les tendances


Que le débat public s'emballe ou s'essouffle, votre cerveau fonctionne comme il fonctionne le lundi matin en réunion, ça apparaît pas du jour au lendemain. Dans l'aire ouverte au travail trop bruyante ou trop parfumée. Devant des consignes floues que tout le monde semble comprendre sauf vous. Quand la priorité change trois fois dans la même journée.


Vous n'avez pas à prouver que votre fonctionnement existe. Vous avez à le comprendre assez finement pour en faire une stratégie.


Une précision importante: je ne travaille ni au niveau du diagnostic ni en thérapie, ce territoire appartient aux professionnels de la santé. Et soyons clairs: que vous ayez un diagnostic formel ou non ne change rien à mon travail. Vous vous reconnaissez dans un fonctionnement atypique, c'est ça qui compte. Mon travail, c'est le coaching exécutif en évolution professionnelle. J'accompagne les professionnels atypiques dans leurs transitions de carrière; repositionnement, entrevues, clarification de leur valeur sur le marché. Je pars de votre fonctionnement tel qu'il est et on le traduit en stratégie de carrière claire.


Parce que la différence, une fois comprise, devient une force de frappe stratégique.


Parfaitement atypiques. Profondément redoutables.


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