top of page

L'inclusion, c'est d'abord une conversation


Image humoristique d’une poupée créée à l’effigie de l’auteure, placée dans une boîte au design ADN Évolution, utilisée comme clin d’œil visuel pour introduire une réflexion sur l’inclusion et la représentation.



Note de l'auteure: Je me suis amusée à créer cette ''poupée'', mais derrière le clin d'œil à l'évènement d'actualité de cette semaine, il y a autre chose aussi: Une femme qui, comme plusieurs, explore ses propres zones floues. Qui observe, qui questionne, qui cherche à comprendre son fonctionnement, ses différences, son histoire. Et qui a compris que l'inclusion ne demande pas d’avoir toutes les réponses, seulement d'oser ouvrir les conversations qui comptent. Voilà! Bonne lecture


Je n'ai pas pris position sur la Barbie autiste lorsque la nouvelle est sortie il y a quelques jours et je n'ai pas l'intention d'enfoncer mon opinion dans la gorge de qui que ce soit aujourd'hui. Je n'ai pas envie d'embarquer dans la morale ou dans le marketing (même si je me suis amusée un peu avec la photo du blogue de cette semaine). Ce que j'ai envie d'apporter, c'est ma vision et ma réalité, celle d'une maman et d'une professionnelle qui côtoie, chaque jour, des humains sous le parapluie de la neurodiversité.


Est-ce qu'une Barbie autiste aurait changé quelque chose pour moi quand j'étais plus jeune? Probablement pas.


Est-ce que ça aurait changé quelque chose pour mon fils lorsqu'il était petit? Pas vraiment.


Mais, est-ce que la représentation, peu importe la forme qu'elle prend, peut faire une différence? Absolument.


Parce que la vraie question n'est pas '' Barbie est-elle une bonne ou une mauvaise idée'' La vraie question, c'est: Qu'est-ce qu'un enfant voit quand il s'émerveille?


La magie ne vient pas de l'objet


Je crois sincèrement que c'est à nous, également, comme parents et comme société, de créer la magie, peu importe le jouet. Parce qu'au fond, dans le cœur d'un enfant, ce n'est pas l'étiquette sur la boîte qui crée l'émerveillement, c'est l'interaction. C'est la manière dont on s'adapte à leur façon de jouer, à leur rythme, à ce qui capte leur intérêt.

Alors, est-ce qu'avoir accès à une Barbie autiste, stéréotypée, loin de représenter la réalité de mon fils ou celle de beaucoup d'autres, est une mauvaise idée? Je ne crois pas.


Si ce jouet crée de la magie, des sourires alors tant mieux. Au minimum, il aura permis d'ouvrir une porte, de mettre un mot sur quelque chose dont on parle encore trop peu. D'amener une conversation sur l'autisme dans l'actualité.

C'est déjà ça ;)



Tranche de vie


Et pour être honnête et je le dis un peu à la blague, ce n'est peut-être pas pour rien que je ne réagis pas comme tout le monde à cette Barbie. Petite, je jouais presque jamais avec ces poupées là. Je les trouvais plates, sorry ;)


Ma sœur me disait souvent: '' Viens jouer à Barbie!'' Et, sans faute, je finissais presque toujours par jouer Ken. Je pense que c'était surtout parce que c'était lui que je trouvais le plus intéressant dans l'histoire ou peut-être que c'était le seul disponible, c'est possible aussi.


Et tu vas peut-être rire, mais mes jeux préférés n'avaient absolument rien à voir avec des poupées.  Avec mes amis, notre jeu favori, c'était de jouer aux enquêteurs de police. Dans ma tête, à sept ans, j'étais littéralement Dany Glover dans le film Arme Fatale (Film des années 80). Ben oui, zéro ressemblance, zéro représentation et pourtant, ça faisait parfaitement du sens pour moi.

C'est ça, la beauté de l'imaginaire d'un enfant.


Tu lui donnes un ourson et ça devient une astronaute. Tu lui donnes une figurine quelconque et c'est soudain un héros, un dragon, un professeur, une aventurière.

Bien des enfants n'attendent pas que le jouet soit à leur image pour y projeter leur monde intérieur, chacun à sa façon.


Ils y mettent ce qu'ils sont.


Alors oui, je suis convaincue, quelque part, il existait déjà des poupées autistes dans mon enfance, pas parce que l'industrie les produisait, mais parce qu'on mettait naturellement de nous-mêmes dans ce qu'on tenait entre nos mains.


Un spectre


Parce qu'au final, on n'appelle pas ça le spectre de l'autisme pour rien. Il existe autant de façons d'être autiste qu'il existe de personnes autistes.


Et mon souhait, comme maman, comme humaine en quête de sens, comme professionnelle, c'est que l'autisme et plus largement toute forme de neurodivergence, fasse simplement partie de la ''norme''. Pas un sujet qu'on ressort une fois de temps en temps et surtout pas un objet marketing.


Juste une réalité humaine parmi d'autres. Pis ça c'est beau!


Mais pour en arriver là, il faut bien commencer quelque part. Et si cette Barbie, imparfaite, peut-être, comme toute première tentative, peut ouvrir ne serait-ce qu'une petite porte, alors oui, c'est déjà ça, tant mieux si ça fait briller les yeux d'au moins un enfant, autiste ou non.


Et maintenant?


Ce que j'espère pour les prochaines années, ce ne sont pas seulement des jouets plus diversifiés. Ce sont des modèles forts dans la société. Des personnes, mais surtout des entreprises qui pensent l'inclusion autrement, dans leur culture et manière d'accueillir les humains tels qu'ils sont.

Parce que la vraie inclusion commence dans les conversations qu'on ose avoir.


Et si un jouet, un jour, peut être un prétexte à cette conversation, alors pourquoi pas?


La Barbie autiste ne changera peut-être pas le monde. Mais les discussions qu'elle permet d'avoir, elles, peuvent changer quelque chose.

Et au fond, c'est ça qui compte.

Commentaires


bottom of page