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Derrière l'équicoach, il y a Véronique Fanard

Véronique souriante avec son cheval, dehors au soleil
Véronique avec Xtravagant, son sentinel

‘’ On se définit par le faire, pas par l’être. ‘’

C’est la première chose que Véronique Fanard m’a répondue. Je venais de lui demander de se présenter sans parler de son métier ni de ses chevaux, juste elle. La question l’a fait sourire, puis hésiter. Parce qu’elle nous prend exactement là où on a appris à se cacher: derrière ce qu’on fait. Elle a pris son temps. Et ce qui est sorti n’avait rien d’un pitch.


‘’Je suis quelqu’un d’hypersensible. Je ressens énormément les choses. ‘’

Et puis un grand besoin de calme, de silence, ce qu’elle appelle ‘’ l’envers du décor de l’hypersensibilité ‘’. Une contemplative. Le genre à rester dix minutes sur les couleurs d’un ciel, à voir des détails que personne d’autre ne remarque.


Un bois envahi de bleu

‘’ Quand tu penses à toi, enfant, c’est quoi la première image qui te vient à l’esprit? ‘’


Elle répond tout de suite: un bois. En Belgique, petite. Elle partait en randonnée à cheval dans le Bois de Halle et au printemps le sol disparaissait sous les jacinthes sauvages. Un tapis bleu à perte de vue, qui sentait bon.


‘’ C’était magnifique. Je n’ai jamais retrouvé ça nulle part ailleurs. ‘’


Une petite fille au milieu des fleurs, sur un cheval. Elle n’avait pas les mots, à l’époque. Mais tout est déjà là, dans cette image : l’animal et ce besoin de ne pas être enfermée qui ne l’a jamais lâchée.


Le cheval, sa première liberté

Les chevaux sont là depuis ses neuf ans. Qu’est-ce qui l’allumait autant, si jeune, chez le cheval ? Aînée d’une famille de quatre, avec un papa médecin souvent absent et une maman qui travaillait à temps partiel, s’occupait de la maison et des enfants. L’équitation, c’est devenu sa bulle.


‘’ C’était l’espace où je pouvais être qui je voulais, sans jugement. Le cheval t’accepte tel que tu es, dans l’instant présent. ‘’


Elle connectait vite avec l’animal. Avec le monde de l’écurie aussi, elle passait ses journées là, à aider les plus jeunes, à monter les chevaux que personne ne voulait. Elle avait sa place. Elle se sentait comprise. Cette facilité-là avec les animaux, elle l’avait bien avant de comprendre qu’elle était hypersensible.


Je lui demande ce que la randonnée lui a appris, que le manège ne donnait pas. Le manège, c’est cadré, fermé. Bon pour les bases, mais le cheval-école tourne en rond et à un moment ça la rendait triste. La randonnée, c’est un autre monde. La nature, les imprévus. Le cheval qui reste une proie, sur le qui-vive, prêt à faire un écart pour une voiture qui passe ou une porte qui claque. Il faut vraiment être calme pour l’emmener là. Et il y a ces moments qu’elle raconte avec des frissons dans la voix, le triple galop, quand on lâche tout et que le cheval part à une vitesse folle.


‘’ C’est là que tu te sens vraiment en liberté. Et ce qui est fou, c’est à quel point je n’étais pas consciente du danger. ‘’


Elle est tombée, elle s’est cassé une jambe. Rien ne l’a fait reculer, elle remontait dessus tout de suite. Ce qu’elle aimait le plus, c’était d’être en avant. Mener avec le cheval.


Quitter la Belgique

Elle a quitté la Belgique il y a plus de vingt ans, à vingt-cinq ans, par amour, pour un Québécois. Qu’est-ce qu’elle a gardé de là-bas, je lui demande, qui la suit encore? Les goûts, surtout. Le plaisir de la table, qui vient plus de sa famille que de son pays. Et l’accent, ce drôle de mélange qui la trahit des deux bords de l’Atlantique. Elle se décrit en riant comme une apatride linguistique.


‘’ Je suis apatride. Ici, on me dit que j’ai un accent ; là-bas aussi. ‘’


Elle a fini par s'intégrer pour vrai, avec le temps et des études refaites en partie ici. Mais si elle y est arrivée, c'est surtout parce qu'elle a arrêté de comparer le Québec à la Belgique. Et ça, elle l'a compris vite: quand tu compares, tu ne vis pas, tu ne t'intègres pas.


‘’ Si tu compares toujours, tu vas toujours être déçue, parce que ce ne sera jamais la même affaire qu'avant. C'est d'apporter ta couleur à toi. ‘’


Quinze ans notaire

Notaire de 2007 à 2022, spécialisée en droit de la personne, surtout des testaments et des successions. Alors je lui pose la question qui me trotte dans la tête: comment on tient quinze ans dans un cadre aussi rigide, quand on a, comme elle dit, la liberté tatouée sur le cœur? Sa réponse m’a étonnée.  C’est ce qu’elle aimait là-dedans qui l’a tenue.


Le monde. La rencontre. Découvrir une histoire nouvelle à chaque dossier. ‘’ Je suis tellement curieuse de comment les gens fonctionnent. Il n’y a pas juste une façon de faire. ‘’ C’était ça, son petit espace de liberté dans un métier qui n’en laissait pas beaucoup. Et la confiance qu’on lui donnait, dans des moments fragiles. Accompagner quelqu’un jusque dans la question de sa propre mort, ça ne se confie pas à n’importe qui.


Pendant huit ans, elle a siégé sur le comité des admissions de la Chambre des notaires, celui qui étudie les demandes des candidats étrangers qui veulent devenir notaires au Québec. Celui-là même par lequel elle était passée, à son arrivée. Ça la sortait de son bureau, ça lui faisait rencontrer du monde.

 

Le reste, par contre, lui pesait. Toujours en bout de ligne, à expliquer et réexpliquer son rôle. La comptabilité, les nombreuses lois, les règles d’éthique. Et sous tout ça, quelque chose qu’elle n’arrivait pas encore à nommer.


‘’ Mes collègues me regardaient comme une extraterrestre. Véronique, calme-toi, c’est pas grave. Et moi, je réagissais énormément. ‘’


Annabelle

Les chevaux avaient disparu de sa vie pendant des années. Elle a fait carrière comme notaire, ses enfants sont arrivés, et il ne restait plus de temps pour monter. Ce qu'elle ne voyait pas à l'époque, c'est qu'elle avait rangé une partie d'elle en même temps, celle qui montait à neuf ans, celle qui se sentait libre.


Ils reviennent pour de bon en 2016. Et un an plus tard, elle achète sa première jument, Annabelle. C'est elle qui la brasse en dedans, encore aujourd'hui, neuf ans plus tard.


‘’ Je suis notaire, puis je suis maman, puis that's it. C'est pas vrai. En dessous, il y a quelqu'un. ‘’


Et là, une de ces synchronicités auxquelles elle croit. Dans une formation continue de la Chambre des notaires, une femme passe des bonbons belges. Elle vient du même village qu'elle, là-bas. Véronique lui propose d'aller manger pour poursuivre la conversation, il y a quelque chose à creuser, elle le sent. Et cette femme-là s'en va justement se former en équicoaching en Arizona.


Elle finit par lui offrir de servir de cobaye pour ses premières séances de pratique avec les chevaux. Elle y donne beaucoup de son temps. Et c'est là que ça commence à la bousculer, dans sa tête: ces séances-là la forcent à regarder où elle s'en va pour vrai. Est-ce que c'est le notariat, pour le reste de sa vie? Chaque fois, la réponse revient au même endroit. Les chevaux. Et le goût d'aider les autres.


Tout ça la pousse à vouloir se comprendre pour vrai. Elle se lance dans une formation en PNL, au départ, juste pour mieux se comprendre et elle va jusqu’au bout, jusqu’à la certification de coach. À force d’exercices, quelque chose finit par remonter.


‘’ Je me suis rendu compte que j’absorbais, en fait, les émotions des autres. C’est hallucinant, mais c’était ça. ‘’


L’hypersensibilité, 15 à 20 % du monde le sont, quand même, ça expliquait pourquoi elle était toujours à fleur de peau. Et elle en a tiré un réflexe tout simple: quand elle ressent une émotion, se demander si elle est à elle ou à l’autre.


‘’ Est-ce que ça m’appartient, ou est-ce que ça lui appartient? ‘’ 


Avant, elle fonctionnait en pilote automatique, sans jamais se poser la question. La nature l’aide autant que les chevaux à redescendre.


Le tournant

La pandémie fait déborder le vase. Des clients à bout, les enfants à la maison. L'éponge était pleine. Elle finit par démissionner de son poste de notaire, celui qu'elle occupait depuis dix ans, et en retrouve un autre en télétravail, c'est cet emploi-là qui va lui permettre de suivre sa formation de coach. Puis, en septembre 2022, Annabelle tombe gravement malade. Il faut la soigner trois fois par jour. Véronique n'y arrive plus : elle laisse aussi l'emploi en télétravail et lance son entreprise. Avant la fin de l'année, elle a quitté la Chambre des notaires pour de bon.

Il y a eu une nuit où elle a cru devoir la faire euthanasier. L’appel au vétérinaire, le lâcher-prise. Et le soir même, une inconnue lui dit: non, attends, il y a autre chose à essayer, je t’envoie quelqu’un. Cette femme-là finit par lui offrir une place en pension pour Annabelle chez elle. Véronique y déménage la jument. Et la fermette d’à côté est à vendre, celle qu’ils cherchaient depuis trois ans. En mai 2023, ils foncent.


Annabelle a treize ans. La maladie l’a beaucoup diminuée, mais elle a une belle vie dans son enclos, avec ses amis à côté, sans se faire bousculer. ‘’ Elle m’a amenée là où j’en suis. Je lui serai éternellement reconnaissante. ‘’  Une grande coach sur son chemin. Plus que bien du monde, dit-elle.


Entre-temps, elle a retrouvé un emploi en notariat à temps partiel, en télétravail, pour assurer le côté financier, parce que des chevaux, ça coûte cher.


Des animaux qui ne mentent pas

Je l’arrête pour être sûre de bien comprendre, parce que je me l’étais mal imaginé: est-ce que les gens montent à cheval? Non. Ni les clients, ni elle. Pas de licou, pas de corde. Les séances se passent dans l’enclos, là où les chevaux sont chez eux. En liberté. Au début, elle avait essayé avec le licou et la corde. Ses chevaux ont refusé d’avancer. Elle a tout enlevé.


‘’ Et là, j’ai eu les vraies réponses. S’ils viennent, c’est pour une raison. S’ils ne viennent pas, c’est pour une raison aussi. ‘’


C’est là que c’est fort. Le chien, lui, il veut nous faire plaisir. Le cheval, c’est une autre affaire. C’est une proie. Il n’a pas besoin de nous et il ne sait pas mentir. Il devient le miroir exact de ce qu’on est, ce qu’on vit, sur le moment. Quelqu'un d'agité en dedans, en désaccord avec lui-même, le cheval le sent comme un danger. Il peut s'éloigner ou au contraire venir vers la personne, ça dépend de son vécu et de son caractère à lui. Mais dans un cas comme dans l'autre, il va aller, sans détour, sur ce qu'on évite depuis des années.


Pourquoi elle tient à faire la différence entre l’équicoaching et l’équithérapie? Parce que ce qu’elle fait, ce n’est pas de la thérapie et c’est important pour elle. La Loi 21 est claire sur ce qu’une coach a le droit de faire. Elle n’est ni psychologue, ni psychothérapeute. Le coaching part d’aujourd’hui pour aller vers demain, sans aller fouiller dans les vieilles blessures. Et son passage dans un ordre professionnel lui a laissé une rigueur, un réflexe de confidentialité et d'éthique qui la suit encore.


Je lui demande un exemple concret. Ça ressemble à quoi, un cheval qui va ‘’ direct sur le bobo ‘’ ? Elle me raconte une séance. Une cliente qui arrive avec un objectif: apprendre à penser un peu plus à elle. Elles entrent dans l’enclos. Les chevaux broutent au loin, pas intéressés une miette. La cliente s’avance, veut connecter avec eux. Rien. Zéro.


‘’ Comment tu te sens? ‘’ lui demande Véronique. ‘’ Je me sens ignorée. Je trouve ça un peu égoïste.’’

De la projection, c’est sûr, un cheval, l’égoïsme, ça ne connaît pas ça. Véronique lui explique. Un cheval mange à peu près seize heures par jour. Ses besoins à lui passent avant. En liberté, il fait ce qu’il veut et c’est justement ça qui est révélateur. Puis elle se tourne vers sa cliente et elle pose la vraie question.


‘’ Toi, est-ce que tu penses à tes besoins ou est-ce que tu les mets toujours de côté ? ‘’


Et là, ça casse d’un coup.


‘’ Oh my God. Je me mets jamais en priorité. C’est toujours les autres avant moi. ‘’


C’est seulement à ce moment-là qu’un cheval s’approche. L’émotion est sortie, la cliente est redevenue cohérente en dedans et l’animal le sent. Il vient poser son museau sur son poignet, juste sur un tatouage. Un mot: Dream. ‘’ Parle-moi de tes rêves ‘’, dit Véronique. Et la cliente se rend compte qu’elle en avait oublié un en chemin. Les deux chevaux s’approchent.


La légitimité

Est-ce qu’il existe seulement une certification reconnue en équicoaching? Ma question touche un point sensible. Longtemps, ça l’a freinée: elle n’a pas de formation là-dedans. La formation existe, mais elle n’est reconnue nulle part, le coaching non plus, au fond. Alors elle n’osait pas amener ses chevaux dans sa pratique, même en sachant très bien que c’était là qu’elle était le plus à sa place.


C’est trois séances de coaching qui ont débloqué ça. Sa coach lui a demandé de lister toutes ses formations, avec et sans chevaux. La PNL au complet, jusqu’à la certification de coach. Le langage et le comportement équin, appuyés sur la science. La communication non violente, aussi. Et même du yoga nidra et de la nutrition équine. La liste finie, l’évidence lui saute au visage: elle est prête et elle l'était depuis un bon moment.


Alors, elle a arrêté de se justifier. Elle a bâti sa propre méthode, à partir de la PNL et d’un instinct qu’elle a appris, avec les années, à écouter.


Sortir du cadre

Je lui rappelle ce qui l’a décidée à faire ce rendez-vous déjanté, cette entrevue avec moi. Un bout de mon parcours à moi, lu sur mon site, cette idée de professionnels brillants coincés dans des cadres trop étroits pour eux. Elle s’y était reconnue tout de suite. Une reconnaissance que je comprends bien, moi qui ai quitté un monde rigide aussi, dans le monde bancaire, pour faire mon propre chemin. Alors je lui demande: c’est quoi, le message qu’elle a envie de passer à quelqu’un qui se sent enfermé là, maintenant?


‘’ Le notariat, c’est extrêmement rigide. Et moi, j’ai la liberté tatouée sur le cœur. Mon message, c’est: tout est possible. ‘’


Tout est possible, elle y tient. Pour elle, ça tient au courage, à l’audace d’oser. Le privilège n’a rien à voir là-dedans. ‘’ Le privilège appartient à la personne qui le vit. ‘’  À chances égales, il y a ceux qui osent et ceux qui restent sur le bord. Et elle sait une affaire, sur le cadre qu’on finit par quitter: une fois dehors, on n’y rentre plus vraiment.


‘’ Même si je voulais y retourner à temps plein, je ne pourrais plus. C’est trop. ‘’


Je l’amène ensuite sur sa mission, son pourquoi. Et là, ça la ramène direct dans ses dossiers de succession. Elle a vu, de trop proche, à quel point une vie peut basculer en une seconde.


‘’ J’ai vu des familles déchirées parce que le père prend sa retraite et deux jours plus tard décède sur un terrain de golf en Floride, après avoir accumulé toute sa vie à travailler comme un malade. ‘’

Des gens qui finissent jeunes en inaptitude. Le monsieur qui, rendu à la résidence, ne reconnaît plus personne. Le droit de la personne l’a mise devant la fragilité de tout, jour après jour. C’est de là que ça vient. ‘’ La vie, c’est pas subir. C’est vivre. ‘’ Ralentir, profiter au jour le jour. Ne pas remettre ça à une retraite qu’on n’est même pas certain de vivre.


Sa mission, elle la dit sans détour: offrir aux autres la liberté qu’elle, elle n’a pas eue, le plus tôt possible. Petite, elle rêvait d’être gendarme à cheval. Aider les gens, mais en uniforme, dans le cadre. Ses parents lui ont suggéré fortement de faire le droit avant. Elle ne regrette rien. ‘’ Je suis la somme de tous ces apprentissages-là. Je reviens à ce que je voulais, peut-être un peu tard. ‘’  Avec tout ce que le détour lui a appris, par exemple.


Et pour ceux qui se sentent écrasés par tout ce qui se passe dans le monde, elle a une réponse à sa mesure. ‘’ Un humain à la fois. Ça commence par soi. ‘’ Se reconnecter à soi, sans que ça devienne de l’égoïsme. Parce qu’on ne peut pas être bien avec les autres si on ne l’est pas déjà avec soi-même.


La douceur puissante

Vers la fin, je lui pose une question un peu déjantée. Si un de ses chevaux pouvait dire une seule phrase sur elle à un client, ce serait quoi? Elle pense à sa jument tout de suite.


‘’ Tu vas voir de quelle douceur puissante elle est capable. ‘’


Elle qui se décrivait comme ‘’ brute ‘’, directe, elle l’est encore parfois, s’est adoucie au contact de ses chevaux. Surtout au contact du troisième, son sentinel, doux comme tout. Ses trois chevaux, pour elle, c’est trois morceaux d’elle-même. Annabelle, c’est la puissance, la persévérance. Cette force de vivre malgré la maladie. Le deuxième, c’est le leader tranquille. Le troisième, la vigilance et la douceur en même temps.


‘’ Si tu es capable de faire passer n’importe quel message dans la douceur, ça passe. ‘’ C’est peut-être ça, sa signature. La précision d’une notaire, la douceur d’un cheval, dans la même personne.


Dernière déjantée: si la liberté avait une odeur? La lavande, sans hésiter. Les champs de Provence de sa jeunesse. Et un détail bien elle: en huile essentielle, concentrée, elle trouve ça trop fort. C’est dehors, en plein air, qu’elle l’aime. Un peu comme sa liberté.


Ce qui m’a frappée, en l’écoutant, c’est qu’elle fait pour elle-même ce qu’elle fait pour ses clients. Cette hypersensibilité qu’elle a longtemps traînée comme un défaut, elle en a fait son outil le plus fin. Ce cadre qu’elle a quitté, elle en a d’abord tiré ses plus belles qualités. Après seulement, elle l’a dépassé. Et cette liberté qu’elle offre au monde, elle a mis quarante ans à se la donner à elle.


À la fin de notre rencontre, c’est elle qui m’a remerciée. Se raconter, ça lui a donné du recul. On ne voit jamais son propre chemin quand on est en plein dedans, en train de le vivre. C’est peut-être ça, le cœur de ces rendez-vous. S’accorder le temps de regarder derrière, parce que la vie va vite.


Il y a cette petite fille, dans un bois belge plein de jacinthes bleues. Et il y a la femme d’aujourd’hui, dans son enclos des Laurentides, avec ses trois chevaux qui ne la laissent tricher sur rien. Entre les deux, quinze ans dans un cadre plus rigide et pas mal de courage. Et la même idée, d’un bout à l’autre, celle qu’elle veut passer à quiconque se sent enfermé: que tout est possible, si on ose sortir du cadre.

*

Pour suivre Véronique Fanard

Équicoaching, coaching PNL et Yoga nidra - Véronique accompagne, dans les Laurentides, celles et ceux qui veulent se reconnecter à eux-mêmes et retrouver leur liberté intérieure.



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